26 août 2007
José/Richard Andrieux. Editions Héloïse d'Ormesson.
Je me considère comme libraire jeunesse, et de fait, ce que je lis en priorité ce sont les livres pour enfants. Mais depuis bientôt 1 ans 1/2, je travaille en librairie adulte (ceci n'empêche pas cela!). Mon "intégration" dans le secteur adulte ne s'est pas faite sans mal, je ne trouve d'ailleurs pas toujours mon compte dans les livres dits adultes... bref, tout ceci pour dire (et oui, mon intégration s'est quand même bien faite au fil du temps sinon je n'y serai plus!) que je suis sensible aux récits d'enfants/sur des enfants. Et je viens justement d'en finir 1 qui ne m'a pas laissée de marbre!.
José est un petit garçon d'une dizaine d'années qui vit complètement fermé dans son monde. On peut dire ça de beaucoup d'enfants mais ce n'est pas connaître José. Ses meilleurs copains sont "voyage" et le "colonel", des objets de la vie quotidienne qu'il a rebaptisés car leurs noms ne lui plaisaient pas. Il leur parle plus qu'à sa propre mère. José vit seul avec elle, il n'a pas connu son papa, il est mort alors qu'il n'avait qu'1 mois 1/2. Il n'a pas de copains à l'école, il a réussi à tous les faire fuir. Bref, José est... seul mais il le dit lui-même, il est très occupé. Ce n'est en effet pas rien de réinventer des définitions à des mots piochés dans le dictionnaire!
Hélène (la maman) ne comprend pas le mutisme de son fils à son égard. Elle fait appel à un médecin qui lui conseille de ne pas trop s'inquiéter. Mais Hélène est démunie et très seule, elle n'a jamais refait sa vie après la mort du papa de José, elle passe ses soirées devant la télé...
La situation ne va pas aller en s'arrangeant, José s'enfermant de plus en plus seul dans sa chambre, il ne veut même plus passer du temps à expliquer à sa mère que non, "voyage" n'est pas un lit. Quant à Hélène, elle passe de plus en plus de temps avec une bouteille d'alcool.
Hélène ne va pas survivre longtemps à ce rythme, elle meurt. José doit assister à l'enterrement mais la situation lui passe complètement au-dessus. Il va habiter chez sa tante à Menton, à l'autre bout de la France. La descente aux enfers n'est pas terminée... mais je ne vais pas tout raconter! Si ce n'est que dans les histoires les plus tristes, il existe un espoir, et José devra faire encore beaucoup de chemin et notamment passer par la chambre 127, et se laisser approcher pour parvenir à se faire une place dans le monde des vivants.
Un récit pas banal, un petit garçon auquel on s'attache, une écriture fine. Un bon premier roman de la rentrée littéraire 2007 à découvrir!
EDIT 3 septembre : les avis d'Eric et de Florinette










