03 avril 2008
Ne t'inquiète pas pour moi d'Alice Kuipers. Albin Michel ET Albin Michel Jeunesse.
2 éditions existent pour ce livre : en jeunesse et en adulte. Je présente la couverture pour la jeunesse, je la préfère!
4ème de couverture :
« Maman, je suis allée au supermarché. Regarde dans le frigo. J’ai
arrosé les plantes. J’ai nettoyé la cage de Jeannot Lapin. J’ai rangé
le salon. Et la cuisine. Et j’ai fait la vaisselle aussi. Je vais me
coucher.
Ton esclave à domicile,
Claire. »
Une
correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille.
Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l’espoir demeure.
Un livre comme un trésor qui chuchote à l’oreille l’importance de ceux qu’on aime…
***
Claire et sa mère ne se voient pas très souvent. La première a 15 ans, une vie de lycéenne avec les devoirs, les premiers petits amis. Sa mère est médecin et souvent de garde.
Elles s'écrivent tous les jours ou presque, sur des Post-it, qu'elles déposent sur le frigo. Listes de courses et leçons de vie se succèdent...
La mère de Claire apprend qu'elle est malade. Au début, Claire est assez désinvolte, même si elle s'inquiète, sa mère n'a pas l'air vraiment préoccupée. Mais les choses se compliquent.
Les Post-it sont toujours là, et au milieu des courses, des inquiétudes ordinaires comme "où est ma clé?" se mêlent des craintes pour l'avenir, et de vraies déclarations d'amour.
"Quand je te regarde
Je vois la femme que je veux être
Forte et courageuse
Belle et libre"
Ne t'inquiète pas pour moi est un roman épistolaire très original, poignant, et qui se lit d'une traite. C'est la correspondance de deux êtres qui sont conscientes de la chance qu'elles ont de s'avoir.
A lire -à mon avis- à partir de 12-13 ans jusqu'à l'infini!
02 avril 2008
Ker Violette de Karine Fougeray. Editions Delphine Montalant.
Clara cherche son cheval.
Ça étonne.
Mais c'est un point d'ancrage comme un autre.
Le non-amour d'une mère l'a détruite. Elle revient sur ses origines, son histoire, et écrit. Il faut qu'elle arrive à se rappeler, sinon, elle le sait, tout va recommencer.
Dans son sillage, d'autres personnages, Félix, Violette, qui ont eux aussi un peu trop attendu le "ding-dong".
"Elle avait entendu l'horloge, celle qui sonne quelquefois au milieu des vies et qui implore, Eveille-toi, il est l'heure! L'heure de vivre ta vraie vie. L'heure de laisser derrière toi les oripeaux de l'autre, la fausse. S'il te plaît, entends-moi, éveille-toi, éveille-toi! Pourquoi certains entendent-ils l'horloge, alors que tant d'autres dont je fais partie se bouchent les oreilles au moindre ding-dong?"
Ils pourraient continuer à exister, mais non, ils s'arment de courage et décident d'aller au-delà du quotidien/du normal/de la routine. Ils vont chercher ce qui fait mal, le pourquoi du présent. Ils en veulent plus, laisser -sans oublier- un passé douloureux et enfin vivre.
Ça commence léger mais ne vous y fiez pas, l'écriture de Karine Fougeray vous prend aux tripes, comme le Glenfiddich pour Félix, comme les mystérieuses lettres pour Violette, comme le manque de mère pour Clara...
Karine Fougeray distille et revient plus tard, rien n'est dit ou donné au hasard, au lecteur d'être attentif et de suivre le difficile voyage des personnages.
N'hésitez pas, laissez-vous emporter par ce tourbillon de violettes! (au passage, quelle magnifique couverture!!)
L'avis de Clarabel, de Laure, et Plume Salée, le blog de Karine Fougeray!
11 février 2008
Le nouveau roman d'Anna Gavalda "La consolante" sort dans un mois jour pour jour!
En quelques mots...
Le nouveau roman d'Anna Gavalda se nomme La consolante, comptera un peu plus de 600 pages, sera vendu 24.50 euros, est édité par Le Dilettante et sortira donc le 11 mars 2008.
De quoi il causera?
Présentation d'Anna Gavalda : "Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la
mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. «
Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand
il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a
l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore,
et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà.
Allez... C’est fini. C'est fini, tu comprends ? » Le problème, c'est
que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il
perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de
comprendre pourquoi tour se fissure en lui ; Et autour de lui. Commence
alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se
rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il
faut tout rebâtir."
Pour ce roman, Anna Gavalda ne souhaite pas rencontrer les journalistes, elle s'en explique dans cette lettre :
"Avant j’étais jeune et docile, je ne savais pas dire non et voulais faire plaisir à tout le monde, écrit Anna Gavalda. J’acceptais
les demandes des photographes et répondais aux interviews alors même
que je détestais cela, prendre la pose. Aujourd’hui, je suis vieille et
revêche et voudrais n’en faire qu’à ma petite tête (de linotte?),
c’est-à-dire continuer d’écrire, mais le plus discrètement possible.
Ai-je
tort, ai-je raison, je l’ignore, seulement je viens de passer deux ans
(trois en comptant les rêveries préliminaires) dans la peau d’un homme
qui, pour se réconcilier avec lui-même, décide de prendre le risque de
(se) décevoir et me dis qu’il serait bon d’en prendre de la graine. Et
puis j’ai toujours pensé que mes personnages avaient des vies plus
intéressantes que la mienne...
Les malveillants diront « Elle se la pète », les bienveillants penseront « Elle a de la chance... ».
La chance, ou la faiblesse, de croire que ses personnages justement, sauront bien se défendre tout seuls...
Vieille, revêche et écervelée.
Voilà pour le cru 2008.
Mais attentive cependant.
Assez attentive pour répondre à toutes les interrogations que pourrait éveiller chez vous la lecture de ce nouveau roman.
Sachez
donc que je me tiendrai de l’autre côté de l’écran et répliquerai de
mon mieux pour me faire pardonner mon “manque de visibilité”...
Bien à vous,
A. G."
15 janvier 2008
Les derniers Indiens de Marie-Hélène Lafon. Buchet-Chastel.
Chez les Santoire, la vie est faite de rien. Au sens premier du terme. Marie et Jean occupent la maison de leur famille dont ils sont les derniers du nom. Tous deux n'ont pas d'enfants. On est dans le Cantal, milieu rural.
"Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du Parc régional des volcans d’Auvergne, on est les derniers Indiens."
En face de la maison des Santoire, les voisins, de "vrais vivants" qui s'agitent, parlent, crient, remuent, ont des poubelles pleines, ils vivent quoi...
Marie regarde tout ça. Le temps s'écoule. De rien, de regards par la fenêtre, de "ruminations". Des souvenirs de "la mère", du frère trop tôt disparu, de cette Alice morte on ne sait comment, de la vie avant. Très peu de rêve, que du morne.
"La mère" et Alice reviennent très fréquemment dans les pensées de Marie...
Dans ce roman, il ne se passe rien. Tout n'est que souvenirs, ou regards sur ce qui se passe en face. Chez les Santoire, tout est vide, des journées à la boîte aux lettres -que Jean, le frère de Marie, relève scrupuleusement tous les jours aux alentours de 11 heures. Le monde de Jean et Marie est fait de silence, ils se parlent rarement et depuis la mort de la mère occupent la maison sans vraiment se croiser, mais plutôt en sentant la présence de l'autre.
L'écriture de Marie-Hélène Lafon est sans fin, ne comporte que très peu de pauses, et pas beaucoup de ponctuation, elle se déverse comme les pensées de Marie. Une écriture qui sert complètement le propos de ce roman lourd, à l'atmosphère pesante, sourde mais quand même menaçante. Tout du long, on attend, forcément il y a une bombe à retardement contenue dans ces phrases, elle vient cette bombe, à la toute fin et ouch...
...les gens qui ne se manifestent pas ne sont pas forcément ceux desquels il ne faut pas se méfier...
EDIT 9H40, oups, un petit paragraphe oublié!
J'ai aimé ce roman, pour ce portrait de la ruralité française, pour des réalités sociologiques rapportées de manière minutieuse, bien que j'ai failli abandonner à cause de cette écriture où la respiration n'est pas possible... cependant, j'ai eu raison de persévérer, je savais que je ne le regretterai pas! Il faut avoir un bon moral quand même pour le lire, sous peine de rester enseveli sous un brouillard lourd et poisseux.
***
Clarabel a également lu ce roman!
L'article du Monde des livres de la semaine dernière.
Ecouter l'auteur elle-même, c'est ici!
08 janvier 2008
Mélanie de ses 15 ans à ...
Mélanie a 15 ans, un peu d'embonpoint, et un vrai mal-être, -physique mais pas seulement.
"Je me suis levée et suis rentrée. Il valait mieux que je ne laisse pas
libre cours à ma mauvaise humeur. Je lui en voulais de prendre toute la
place, d'être celle qu'on appelait pour les soirées. Je n'étais que son
ombre. On m'accueillait sans problème mais au fond, on se moquait de
savoir si j'étais là ou non. Fanny avait besoin d'être le centre du
monde et elle oeuvrait sans relâche pour ça. Moi, j'étais discrète, je
lui laissais la vedette."
Fanny, sa meilleure amie, lui met une idée en tête : elle peut se faire opérer, suivre un régime. Mélanie commence mais... échoue.
*****
Mélanie a 25 ans et se présente sur un site de rencontres par Internet "rondeDesRencontres.com", un site réservé aux "hommes aimant les femmes aux femmes généreuses".
"Elle [Fanny] était emballée à l'idée que j'aille pavaner au milieu de ce cybermarché de l'obésité. Moi, beaucoup moins. Même si je devais bien reconnaître que c'était peut-être là ma meilleure chance de ne pas finir vieille fille.
Comme toujours avec Fanny, j'ai fini par céder. Un dimanche après-midi, après un brunch fastueux que je digérais en me lamentant une fois de plus sur mon sort, elle m'a vaincue."
Mélanie va rencontrer Pascal, -non sans mal, non sans essuyer pas mal d'échecs. Mais c'est très vite le bonheur : mariage.
*****
Mélanie a 35 ans, avec Pascal ils voudraient des enfants, mais elle ne peut pas en avoir, elle n'a plus ses règles, elle est trop grosse, obèse.
"Plus rien n'avait de sens.
A quoi rimait ce ventre qui ne pouvait abriter un enfant?
A quoi rimait ce couple qui ne se transformerait jamais en famille?
A quoi rimait cette sexualité ridicule?
A quoi je rimais, moi?
Voilà les idées qui tournaient dans ma tête pendant que je gardais les yeux rivés à mes croûtes de fromage bien que les larmes m'empêchent de vraiment les voir."
Et Mélanie s'inscrit à "Relooking Extrême"... Le tourbillon commence. Rien ne va plus arrêter Mélanie vers la course au bien-être qui pour elle passe par un corps mince. Rien n'arrête plus Mélanie -même pas Pascal. Mélanie fonce à coups de ballon gastrique, bistouri, régime et cours de gym vers un dénouement final ... brutal.
Une fois commencé, je n'ai pas lâché ce roman. Sa construction est intéressante, on ne s'appesantit pas sur des détails inutiles. Les éléments de "compréhension" sont distillés par petites touches, qui reviennent nous assommer à la fin.
15/25/35 ans, comme 3 actes, et l'expérience Relooking Extrême, qui une fois commencée, précipite Mélanie vers une fin certaine.
Murielle Renault a une écriture fluide, sans chichis, qui colle à la personnalité de l'héroïne. C'est drôle au début, on se demande où on va, pas très longtemps certes, mais de petites tournures sympathiques laissent penser que... et puis le mal-être gagne. Plus on avance, plus c'est "technique", assez télé-réalité, on s'éloigne des émotions, exactement comme Mélanie, qui est obnubilée par ce qu'elle pourrait être, et plus par ce qu'elle est.
Un roman à lire, assurément!
Le Strip-tease de la femme invisible de Murielle Renault. Le Dilettante. 17 euros.
Quelques infos en plus sur le site du Dilettante.
01 janvier 2008
pendant ce temps-là, au Groenland...
Nouvelle année, et mon 2ème billet de 2008 va à ma première participation au club de lecture des bloggueuses, initié par Sylire et Lisa!.
Au programme cette fois-ci : La vierge froide et autres racontars de Jorn Riel aux éditions 10/18.
Quatrième de couverture
"Cap sur le Groenland avec Jorn
Riel, écrivain baroudeur et conteur malicieux. De son long séjour en
Arctique il a rapporté des anecdotes, des récits, des "racontars". En
un mot, des histoires d'hommes seuls sur une terre glacée où le soleil,
l'hiver, se couche très longtemps. Ces rudes chasseurs ont d'étranges
faiblesses, des tendresses insoupçonnées, des pudeurs de jeunes filles
et des rêves d'enfants. Les solitaires s'emplissent de mots tus et,
ivres de silence forcé, ils quittent parfois leur refuge pour aller "se
vider" chez un ami. Ces nouvelles de l'Arctique ont la rudesse et la
beauté du climat qui les suscite. Souvent râpeuses, toujours viriles,
parfois brutales, saupoudrées de magie et de mystère, elles nous
racontent un monde où la littérature ne se lit pas mais se dit, où
l'épopée se confond avec le quotidien, où la parole a encore le pouvoir
d'abolir le présent et de faire naître des légendes."
Je dois bien avouer que j'ai été peu séduite par ces nouvelles. Pourtant avec du froid, le grand Nord, (en cet hiver rigoureux, ça correspond parfaitement!!) des histoires courtes, l'écriture de Jorn Riel que j'apprécie... mais non, vraiment, je n'ai pas aimé.!
Mon esprit vagabondait, et je lis quantité d'autres choses en ce moment, et le même phénomène ne se produit pas... c'est donc cette vierge froide qui ne me plaît guère...
Bon déjà, la couverture ne me revenait pas vraiment et je n'avais encore jamais lu ce premier "tome" des fameux racontars à cause justement de cette couverture!
Mon esprit vagabondait donc... vers d'autres contrées, pas très lointaines, les terres suédoises (un peu inexplicable car à part le froid, ça n'a rien à voir, mais je pensais à Millénium de Larsson...) et vers d'autres textes de Jorn Riel, notamment, mon coup de coeur, mon préféré de cet auteur, la trilogie Le garçon qui voulait devenir un être humain. Il en existe 2 versions : chez Gaïa bien sûr, et chez Sarbacane également, une version illustrée pour les plus jeunes. Mais l'adulte que je suis s'est régalée avec ces grands formats avec de belles images de Christel Espié!!
Ça se passe en Islande : Leiv, un jeune Viking, prend place à bord d'un drakkar pour le
Groenland. Il ne le sait pas encore mais il part à la découverte d'un
autre peuple, les Inuit.
Donc en gros, voilà, exit la vierge froide, oubliée, mon billet part complètement ailleurs...
Si vous voulez du froid, allez voir chez Larsson! et plutôt que par la vierge froide, si vous ne connaissez pas Jorn Riel, allez voir du côté de cet être humain, [où il y a du froid également ;) !!]
*****
Certes, je n'ai pas été séduite par ce livre, mais ravie de participer pour la première fois au club de lecture!
Merci à Lisa et Sylire pour l'organisation !
14 décembre 2007
Un roman aux petits oignons…
Une auteur, Valérie Dayre, qui a écrit jusque-là pour la jeunesse,
+ Une maison d’édition : l’Atelier du Poisson soluble, dite jeunesse,
+ Un texte fort, concis, précis, chaque mot est à lire et relire, chacun n’est pas là au hasard, un texte que, indépendamment des 2 points précédents, j’aurais placé en « adulte »…
donnent une lecture époustouflante, et où placer ce roman ? Et bien, je répondrais qu’il faut le placer, c’est tout ! Parce que ce texte est indispensable !
(en tout cas à la librairie, il a sa place en jeunesse et en adulte !)
Résumé :
Un restaurant, plusieurs tables, une phrase dite « Tous les hommes qui sont ici sont des cochons » par un homme dans une langue étrangère, entendue et décortiquée par des couples de personnages, on s’offusque, on s’étonne, on s’interroge, pourquoi/comment a-t-il bien pu dire ça ? une serveuse qui passe entre les tables.
Des interprétations, des hypothèses, beaucoup de suggestions mais surtout beaucoup de préjugés.
*****
Un roman, une constatation : de quelque origine que l’on soit, ou sexe, âge, condition sociale, les préjugés et les généralités occupent et assaillent tout le monde.
Force de l’imagination à la simple entente d’une voix étrangère… Je vous propose 2 extraits qui m’ont fortement marquée :
1/ "Machinalement, Sébastien l’imite. On a bien le droit de regarder les gens, ce n’est pas impoli tant que ce n’est pas insistant. C’est plutôt de ne pas les regarder une seule fois qui serait grossier, songe Sébastien en se rendant compte que, jusqu’ici, il n’a vu que leurs assiettes de dame négligée et entendu leur langue d’ailleurs. Tiens ils n’ont pas la tête que –que quoi ? ils n’ont pas l’allure de– Enfin, c’est drôle comme on se fait des idées. Il aurait plutôt pensé que…"
2/- (…) "C’est curieux comme ils étaient…
(…)
- Comme ils étaient… quoi ?
Des expressions ou des mots à l’écho un peu gênant traversent l’esprit de Sébastien. »comme nous », « occidentalisés », « normaux », « inoffensifs ». Pourtant c’est vrai –et qu’y peut-il–, c’est ce qui l’a le plus surpris. C’est aussi ce qu’ils avaient de plus rassurant. La femme si jolie, si élégante, même pas voilée (Il en existe donc encore, tout n’est pas perdu ! s’enthousiasme Sébastien) ; l’homme attentionné, à la voix douce (ce ne sont donc pas tous des brutes), portant des vêtements de marque –oui, il a bien cru voir le crocodile sur le polo à manches courtes et, vu leur genre, il ne s’agissait pas de contrefaçon ni de recyclage via Emmaüs. Tout ça, ça…
Ça donne à penser."
Ce roman est construit en 4 parties, presque 4 actes, comme une pièce de théâtre.
Le personnage de la serveuse est très intéressant. On ne l’entend pas beaucoup mais c’est elle qui est la plus neutre. Elle traite chacun de la même façon, et n’utilise aucun « on dirait », ou « avoir l’air de »…
Et pourtant elle est serveuse... -si je peux me permettre!-! Serait-ce le personnage le plus digne dans ce roman? Une jeune femme serveuse et digne, voilà qui étonnerait bien Sébastien s'il le savait...
Ce roman est à lire, vite, parce qu’une fois commencé, on ne peut l’arrêter, et à reprendre, pour être bien sûr d’avoir bien lu. Un texte indispensable et essentiel.
Des liens pour aller plus loin, voir d’autres avis…
L'avis de Catherine Gentile sur Sitartmag,
L'avis d'Alexandra Morardet sur le site d'Arte,
L'avis de Patricia Chatel sur lelitteraire.com,
N'hésitez pas à m'envoyer vos liens si j'en ai oublié!
Tous les hommes qui sont ici de Valérie Dayre. Atelier du poisson soluble. 10 euros.
26 novembre 2007
Millénium tome 1, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Je suis plutôt frileuse question romans policiers, il n'est pas rare que des passages me paraissent complètemment "???!!!" [même dans les polars jeunesse, des fois j'ai du mal à suivre les rouages des enquêtes (on se moque pas siouplaît...)].
Mais là, à force de le voir chroniqué partout, ça m'a donné envie de me faire mon avis, alors j'ai pris mon courage à deux mains ;) ! Je parle de la trilogie Millénium publiée chez Actes Sud.
Voici la présentation du premier tome par l'éditeur justement :
"Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et
économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour
relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos
d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement
assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à
chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme
rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors
pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient
de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés,
jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les
méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés
bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et
l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir
ce qu'il faudrait peut-être taire. A la fin de ce volume, le lecteur se
doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue
Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes."
L'écriture de Stieg Larsson est simple et fourmillante de détails, j'avoue qu'au début de ce premier tome, je me suis demandée une ou deux fois si on avait vraiment besoin de toutes ces précisions, mais attention, on ne s'ennuie pas pour autant! et en plus, oui, on en a besoin par la suite!.
Donc justement au début, on fait connaissance avec les protagonistes principaux : Mikael et Lisbeth. Procédé d'écriture addictif largement utilisé : on passe quelques pages avec l'un avant de passer à l'autre brutalement en se disant "ah mais non, qu'est-ce qui va se passer pour lui/elle???!!!", jusqu'à ce que les deux soient réunis, enfin, et oui, car c'est à un duo d'enquêteurs qu'on a affaire.
Et ... l'affaire dans laquelle ils sont embarqués est passionnante, cette affaire de disparition est prenante, et avec les incipits sur les violences faites aux femmes, l'illustration de couverture assez terrifiante, le titre du roman, on s'attend à quelque-chose d'effroyable, la tension est palpable, l'impatience grandit... jusqu'au dénouement final... qui n'est pas si final que ça, parce que quand on a la réponse à l'affaire de la disparition, il reste pas mal de choses à régler... et des relations humaines à éclaircir... ah voilà chers lecteurs un roman à lire si vous ne l'avez pas déjà fait!! (pour les fêtes de fin d'année, Actes Sud a sorti le beau coffret avec les 3 volumes!)
A ma grande satisfaction, j'ai tout compris, pas de zone d'ombre (quelques considérations financières sur la fin me sont passées "un peu au-dessus" comme on dit, mais rien de grave ;-) ), je suis sortie du tome 1 avec une certaine impatience : j'ai envie de lire le tome 2!
Bref, c'est un vrai coup de coeur! ![]()
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D'autres lectures, plus ou moins enthousiastes (la liste n'est pas exhaustive, beaucoup de bloggueurs en parlent!) : Fashion Victim, Flo, Cathulu, Bellesahi, Gachucha, Amy, Val et Cuné, Princesse Brunette, Ptitlapin, Nina, Florinette, ...
18 septembre 2007
Le dernier roman de Marie Darrieussecq
Voilà quelques jours que je ne parle plus de bouquins, que j'écoute Elvis, que je prends des photos et que je me promène... Ce n'est pas que je ne lis plus, non non, mais depuis que j'ai fini Tom est mort, j'avoue que les mots me manquent... Ce livre m'a terriblement marquée et secouée.
[Je ne parlerai aucunement du débat Marie Darrieussecq-Camille Laurens, juste du livre.]
Tom est mort, ou comment les plus petites choses du quotidien viennent côtoyer la plus horrible : "Tom est mort".
Comment 10 ans après une mort, on pense que la personne est toujours là...
Bon, je vais essayer d'être un peu plus claire...
10 ans après la mort d'un de ses enfants, une maman revient sur... quoi exactement? La vie de Tom, la conception de Tom, l'avant, maintenant, ses pensées, sa réaction il y a 10 ans et maintenant. Elle consigne tout dans un cahier...
Enchevêtrement des pensées, l'impensable est oublié et revient en force et repart à nouveau mais il est là, prégnant, rien ne sera plus jamais comme "avant", cet avant si difficile à définir. Les "si" et leurs possibilités impossibles : "La folie est au conditionnel".
Ce livre est douloureux, tortueux... et en même temps limpide, cette disparition est inacceptable, mais il faut vivre avec. Le "Il y a 10 ans" et le "maintenent" sont intimement liés car c'est irrémédiable : Tom est mort, mais chaque nouveau jour porte Tom, Tom en souvenir, Tom en réel, Tom mort.
La difficulté de mettre un avant et un après...
"Le temps n'a pas passé, il y a 1000 ans que Tom est mort et il meurt tous les jours."
J'ai aimé, porté ce bouquin avec moi et en moi, et je n'oserai pas dire que je le comprends, parce que je n'ai pas vécu la disparition d'un enfant mais il m'a parlé, me parle encore et je crois qu'il me parlera encore longtemps.
26 août 2007
José/Richard Andrieux. Editions Héloïse d'Ormesson.
Je me considère comme libraire jeunesse, et de fait, ce que je lis en priorité ce sont les livres pour enfants. Mais depuis bientôt 1 ans 1/2, je travaille en librairie adulte (ceci n'empêche pas cela!). Mon "intégration" dans le secteur adulte ne s'est pas faite sans mal, je ne trouve d'ailleurs pas toujours mon compte dans les livres dits adultes... bref, tout ceci pour dire (et oui, mon intégration s'est quand même bien faite au fil du temps sinon je n'y serai plus!) que je suis sensible aux récits d'enfants/sur des enfants. Et je viens justement d'en finir 1 qui ne m'a pas laissée de marbre!.
José est un petit garçon d'une dizaine d'années qui vit complètement fermé dans son monde. On peut dire ça de beaucoup d'enfants mais ce n'est pas connaître José. Ses meilleurs copains sont "voyage" et le "colonel", des objets de la vie quotidienne qu'il a rebaptisés car leurs noms ne lui plaisaient pas. Il leur parle plus qu'à sa propre mère. José vit seul avec elle, il n'a pas connu son papa, il est mort alors qu'il n'avait qu'1 mois 1/2. Il n'a pas de copains à l'école, il a réussi à tous les faire fuir. Bref, José est... seul mais il le dit lui-même, il est très occupé. Ce n'est en effet pas rien de réinventer des définitions à des mots piochés dans le dictionnaire!
Hélène (la maman) ne comprend pas le mutisme de son fils à son égard. Elle fait appel à un médecin qui lui conseille de ne pas trop s'inquiéter. Mais Hélène est démunie et très seule, elle n'a jamais refait sa vie après la mort du papa de José, elle passe ses soirées devant la télé...
La situation ne va pas aller en s'arrangeant, José s'enfermant de plus en plus seul dans sa chambre, il ne veut même plus passer du temps à expliquer à sa mère que non, "voyage" n'est pas un lit. Quant à Hélène, elle passe de plus en plus de temps avec une bouteille d'alcool.
Hélène ne va pas survivre longtemps à ce rythme, elle meurt. José doit assister à l'enterrement mais la situation lui passe complètement au-dessus. Il va habiter chez sa tante à Menton, à l'autre bout de la France. La descente aux enfers n'est pas terminée... mais je ne vais pas tout raconter! Si ce n'est que dans les histoires les plus tristes, il existe un espoir, et José devra faire encore beaucoup de chemin et notamment passer par la chambre 127, et se laisser approcher pour parvenir à se faire une place dans le monde des vivants.
Un récit pas banal, un petit garçon auquel on s'attache, une écriture fine. Un bon premier roman de la rentrée littéraire 2007 à découvrir!
EDIT 3 septembre : les avis d'Eric et de Florinette










