08 octobre 2009
"La vie sans risques n'est plus la vie."
Nous sommes à Londres à la fin du XXème siècle. Amber et Luna sont soeurs. Elles se réveillent une nuit dans des cercueils qui ne portent même pas leurs noms. Une fois sorties de là, elles découvrent que leur vie d'avant n'est plus la même : leur père est mort, leur maison n'existe plus, leur belle-mère a disparu. Les 2 jeunes filles se découvrent vampires et vont être recueillies par Holmes et Watson...
On le comprend dans les premières pages, l'heure est grave : Londres, l'Empire et même le monde sont en danger. Les jeunes filles vont rentrer au service des Invisibles afin de contrer le clan des Drakull, mené par Dracula, qui n'a d'autre objectif que d'asservir le monde. Ceci ne serait rien sans Jack l'Éventreur contre lequel les jeunes soeurs Wilcox vont devoir mener une vraie bataille dont je ne révèlerai bien sûr pas l'issue...
De l'action, des mystères et des zones d'ombre savamment évoqués (qui a mordu les soeurs? qui est vraiment Rebecca, leur belle-mère? qu'est devenu leur père?), une galerie de personnages impressionnante et une ambiance sombre très prenante : ce premier tome pose de très bonnes bases. Mêlant action, fantastique et genre historique, Fabrice Colin sait accrocher son lecteur, c'est sûr!
Seul bémol ... pourquoi faire encore une série? J'avoue que je me lasse un peu! Mais cela étant dit, cette lecture m'a beaucoup plu et renouvelle le thème très couru du vampire...
***Merci à Véronique et aux éditions Gallimard Jeunesse pour cette découverte -dédicacée!!- !***
30 juin 2009
Un peu de froid à glisser dans la valise des vacances!!
Pour commencer, je vous propose un extrait! Mise en situation : Aleksander et Brisco sont à la bibliothèque royale et veulent lire La Saga de Njall le Brûlé. Même s'ils connaissent cette histoire par coeur, c'est celle-là qu'ils choisissent ce jour-là! Dans cette bibliothèque, on accède aux ouvrages par des chemins très originaux...
Aleksander et Brisco traversèrent le hall d'accueil de la bibliothèque royale. Ils semblaient minuscules dans ce décor grandiose surmonté par la haute voûte du plafond. Des milliers de volumes en exposition emplissaient les étagères. Cela sentait bon le bois, le cuir, le papier.
(...)
Les deux garçons marchèrent vers un panneau de bois blanc sur lequel était peint le mot DEPARTS en lettres de couleurs vives. Le mur était constitué d'une centaine de niches superposées et alignées en rangées régulières. Dans la plupart de ces loges attendait un chariot sur son rail. Pour accéder à celui qui portait le numéro 47, ils montèrent un escalier latéral et empruntèrent une passerelle sécurisée par une rampe. Ils prirent place côte à côte sur le siège rembourré, ravis de constater qu'ils étaient les seuls passagers pour leur destination.
(...)
Au-dessus de leur tête pendaient deux cordons tressés, avec une boule à leur extrémité. Aleks tira sur le jaune. Ils attendirent moins de trente secondes, puis une trappe à deux volets s'ouvrit dans le mur et le chariot s'engagea dans la pente douce d'une galerie éclairée tous les dix mètres environ par une lampe à huile. Ils roulèrent ainsi pendant quelques minutes, puis la route s'incurva sur la droite et commença à monter. Le chariot semblait maintenant tracté par une force silencieuse et invisible.
(...)
Ils sautèrent de leur chariot et montèrent dans celui qui conduisait à la chambre des Sagas, son terminus. Après quelques centaines de mètres plutôt paisibles, la pente se faisait si forte qu'on avait l'impression de plonger dans un gouffre puis, pendant plusieurs secondes, de tomber en véritable chute libre. Comme d'habitude à cet endroit, ils hurlèrent d'excitation et de plaisir, agrippés l'un à l'autre. Les adultes appréciaient moyennement ce moment de la traversée, mais les enfants y tenaient tellement qu'on l'avait finalement conservé.
Peu après, ils parvinrent à une nouvelle salle dont les murs étaient faits d'étagères chargées de livres. Une dizaine de personnes étaient installées sur des fauteuils et lisaient. Quelques enfants assis sur des bancs écoutaient un conteur qui faisait la lecture, debout. Il était vêtu d'une cape et ses cheveux blancs lui donnaient l'air d'un savant fou.
-On s'arrête un peu? proposa Brisco.
-D'accord, souffla Aleks."
L'extrait que j'ai choisi est un peu long mais il reflète tout d'abord la splendeur de cette bibliothèque originale, l'atmosphère de conte qui se dégage du récit et enfin la proximité des 2 frères. Celle-ci sera de courte durée. C'est en effet au cours de cette visite à la bibliothèque que l'un des 2 frères va se faire enlever, et ceux qui étaient autrefois très proches vont se retrouver des années plus tard dans un terrible face à face.
Guerre, amour, fraternité, un brin de légende dans le ton... voilà des termes qu'on peut appliquer à bien des romans, Le chagrin du roi mort les réunit tous et c'est un splendide moment que nous fait passer l'auteur. Je n'en dis pas trop afin de ne pas enlever trop de surprise à votre découverte des multiples évènements qui peuplent ces pages.
Les fans de l'écriture de Mourlevat, les amoureux de son Combat d'hiver devraient grandement apprécier ce nouveau roman! D'ailleurs, en parlant du Combat d'hiver, Le chagrin du roi mort ne constitue pas du tout une suite, mais Jean-Claude Mourlevat le nomme lui-même son "deuxième roman de froid". Et qui dit deuxième (et non pas second!) entend troisième roman. Les 3 réunis formeront "un ensemble de trois romans identiques en format, en ambition et qui auront en commun ... le froid". Pas de date pour le troisième encore, mais j'ai hâte de le découvrir!
and last but not least, la couverture est vraiment magnifique : elle est signée Joëlle Jolivet!
Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat. Gallimard Jeunesse. 16 euros. (et merci encore à toi Véronique pour l'envoi!)
L'avis de Clarabel, de Livralire, de la Soupe de l'Espace...
22 juin 2009
"Parfois, quand il se mettait à pleuvoir, je me réfugiais dans la bibliothèque, à Saint-Blaise.
La dame me connaissait, je venais depuis toujours même si je n'avais jamais pris de carte. Ma mère détestait me voir lire, alors j'évitais qu'elle le sache. C'était comme une maladie honteuse, comme le plaisir que l'on se donne à soi-même, ou les larmes, je faisais ça en cachette.
Je lis comme ça vient, tout ce qui me tombe sous la main, je ne pourrais même pas dire comment les livres et moi, on se rencontre. Le plus souvent, c'est affaire de hasard."
Aïcha a 15 ans. Française aux origines algériennes, elle vit avec sa mère dans une cité et nous raconte cette période charnière de l'adolescence, où l'on se cherche, où l'on se heurte à l'autorité et où on ne sait vers qui se tourner...
Aïcha est confrontée aux silences maladroits de sa mère, une femme fragile qui sacrifie tout pour que sa fille puisse aller au lycée, qu'elle ait une meilleure vie ; elle doit également faire face à une terrible rumeur (le garçon qu'elle pensait aimer la trahit et propage de terribles mensonges sur son compte) qui va détruire l'amitié qu'elle partageait avec la soeur du garçon. La jeune fille est perdue et a bien peu de repères auxquels se rattacher.
Heureusement, il y a Koto, l'ami d'enfance, l'ami de toujours qui va l'aider dans la quête de son passé, de son père et de ses origines. Les obstacles et les difficultés ne manqueront pas mais Aïcha ressortira grandie de tout cela.
L'écriture et le ton d'Isabelle Pandazopoulos sont rapides, ses phrases sont courtes : une tension s'installe dès les premières pages, le lecteur est très vite happé. On s'est juste embrassés est le premier roman de cette auteur, et c'est fort réussi. A lire sans hésitation dès 13 ans!
On s'est juste embrassés d'Isabelle Pandazopoulos. Gallimard (Scripto). 8 euros. (et merci à Véronique pour l'envoi!)
25 mai 2009
"Le vrai questionnement, c'est de savoir si on va pouvoir remonter."
Merci Véronique pour l'envoi!
"Le Bruit, c'est du bruit. Ça craque et
ça crépite et ça finit généralement par une grande purée de
sons et de pensées et d'images, et la moitié du temps, impossible
d’y comprendre quelque chose. L’esprit des hommes est rien qu’un
fouillis et le Bruit, c’est comme la version active, respirante de
ce fouillis. C’est ce qui est vrai et cru et ce qui est imaginé et
ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en
même temps, et même si la vérité s’y trouve forcément, comment
faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas
quand vous captez tout, absolument tout ?"
Le Bruit, voilà ce qui caractérise le monde de notre jeune héros, Todd Hewitt. Il vit à Prentissville et dans cette ville, tous les habitants entendent ce que les autres pensent, tout le temps. Autre caractéristique de la ville, on n'y trouve que des représentants de la gente masculine, les femmes ont disparu voilà bien longtemps dans des conditions mystérieuses.
Dans un mois, Todd sera un homme (dans le sens « adulte »), mais il n'a pour le moment que 13 ans, et avant l'événement d'importance que sera son anniversaire, sa vie va prendre un tournant considérable qu'il n'avait pas soupçonné, toutes ses certitudes vont êtres balayées et son monde va s'écrouler. Il va devoir prendre son destin en mains et rien ne l'y avait préparé.
Que faire en effet quand on vous dit que le monde dans lequel vous avez toujours vécu est mauvais et qu'il faut fuir vers un ailleurs dont vous n'envisagiez même pas l'existence?? Et quand vous êtes devant une fille quand vous avez pensé toute votre vie que les femmes n'existaient plus?
Fuir, fuir très vite, et si possible, emmener cette personne avec vous, essayer de tisser un lien : voilà ce que ça va tenter Todd. Mais ceci n'est que le début d'une formidable épopée...
***
Roman d'aventures, initiatique, avec une bonne dose de SF, ce texte réunit différents genres, et captive le lecteur. J'ai pensé plusieurs fois à la série Tobie Lolness (de Timothée de Fombelle chez Gallimard Jeunesse), pour le rythme haletant des courses-poursuites, et à Fahrenheit 451 (de Ray Bradbury, disponible en Folio chez Gallimard) aussi, dans la description de Prentissville et du son maire Prentiss... « quand il est plus resté que des garçons et des hommes, on s'est retrouvés assis devant des vidéos à apprendre nos leçons, jusqu'à ce que Maire Prentiss il interdise ces choses comme « pernicieuses pour la discipline de nos esprits ».
Enfin bref, une fois happé par le héros, on ne s'en détache plus! C'est une très bonne lecture, et j'attends la suite avec impatience!
Le chaos en marche, Tome 1 : La voix du couteau, de Patrick Ness. Gallimard Jeunesse. 15 euros.
24 mai 2009
"j'aimerais votre avis perso sur cette affaire. L'autre matin, je mate Edward en venelle, sur le trottoir d'en face...
...et le gus me fait le coup du bigo... Style je fais semblant d'avoir le combiné en main et de composer un numéro. Sous-esgourdant, passe-moi le coup de grelot."
Merci Véronique pour l'envoi!
La série de Louise Rennison met en
scène Georgia Nicholson. Elle a 14 ans et nous raconte son quotidien
en détail, heure par heure, et même minute par minute. Les copines,
en passant par les parents, les premiers copains, ses secrets de
séduction sans oublier ses boutons, tout y passe, tout est commenté
et analysé avec une bonne dose d'humour et un ton très alerte... Très classique dans le genre du fameux roman-miroir
où les ados peuvent se retrouver, la série remporte un succès
certain, et une adaptation ciné est même prévue prochainement!
Le mois dernier est sorti le 9ème tome de cette série dont je n'avais lu jusqu'à présent que le premier tome.
Autant le dire tout de suite, je ne suis pas parvenue au bout de ce volume sans mal, enfin disons que j'ai sauté beaucoup de passages...
Je ne vais faire que répéter ce que beaucoup ont déjà relevé : chapeau à la traductrice! Je n'ai pas eu le texte original sous les yeux, mais le résultat en français est assez incroyable...
« 20h30 Prise de possession des platines par le géant des steppes glacées. Je précise que l'Eskimo porte la cape de fourrure und la corne de bison und, joie de première joyeuseté , le patte d'eph' orné de la guirlande électrique! Sans oublier le minibagage! Yesssssssss!
La loupiote tourne au stroboscopique afin d'accompagner la prestation de Sven que le Top Gang accueille par l'applaudissement, conjugué débordement siphonnatoire.
Mézigue à Rosie :
-Plus fière que la fiertitude, tu peux être. Sans l'ombre du doute, tu as le gus de compagnie au taux de givre le plus élevé de toute la cité.
-Je sais. Vivement qu'on se retrouve! »
Mais voilà, au bout de 30 pages comme ça, et bien, ça devient un peu fatigant en fait, je suis plutôt partisane du « point trop n'en faut » et là, assurément, le trop est l'ennemi du bien : trop de mots, trop de répétitions, trop peu d'action en vérité, ça passe doucement et laborieusement... Bref, je n'ai pas été séduite! Je reste sensible au début de la série, c'était nouveau à l'époque, mais là, ça tourne en rond je trouve!
Le coup passa si près que le félidé fit un écart de Louise Rennison. Gallimard Jeunesse (Scripto). 9.50 euros.
23 février 2009
si la planète était une personne, on ferait tout pour la sauver.
A 14 ans, le héros tombe fou amoureux de Céleste.
"J'ai laissé filer quelques semaines.
Il y a longtemps, je faisais pousser des lentilles sur du coton. Le pire, c'est les premiers jours. Il ne se passe rien. On perd son temps à regarder les lentilles. Même le coton ne sèche pas assez vite. On aurait envie de l'arroser.
-N'arrose pas trop, tu vas le noyer!
Parfois, dans la vie, tout dure trop longtemps.
Les premiers jours sans Céleste, j'ai ressenti cette impatience. J'avais vécu quatorze ans sans connaître son existence. J'avais à peine passé une demi-matinée avec elle. Mais une minute sans elle était maintenant pire qu'une journée coincée devant un semis de lentilles."
Céleste est en danger, l'état déplorable de la planète se répercute sur son corps... comment la sauver?
Je n'en dis pas plus, c'est un roman de 90 pages à peine, mais où Timothée de Fombelle arrive à construire une très belle histoire d'amour et propose une belle réflexion sur l'avenir de la planète et le respect que celle-ci devrait nous inspirer...
Pour tous, à partir de 10 ans.
Céleste ma planète, Timothée de Fombelle. Gallimard Jeunesse (Folio Junior). 4 euros.
10 novembre 2008
Comment une princesse "Petsêc" devient une princesse "Mathûvû" qui ne désire qu'être aimée*
(*j'ai emprunté ces noms à l'album Princesses de Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer, chez Gautier-Languereau.)
Au royaume de Vavassava, ça se passe comme ça... quand elle est en âge de se marier, la princesse se fait enlever par un dragon et le prince qui la délivrera se marie avec elle.
Scarole, elle, attend désespérément que le dragon la visite... Ne voyant rien venir, elle va tenter d'accélérer les choses et organiser son propre enlèvement! Accompagnée de 3 porteurs, 1 servante et 1 gnome, elle va aller elle-même à la rencontre du dragon. Elle aura à essuyer un sérieux revers, jamais elle n'arrivera à faire sortir le dragon de son antre... Le serviteur de ce dernier fera même savoir "que tout le monde sait que la princesse Scarole est une peste ambulante et qu'il n'a pas envie de s'embarrasser d'elle."
"Peste" c'est peu de le dire... Scarole ne cesse de vitupérer, rouspéter, ordonner, bref, d'être méchante. Pas étonnant que personne ne veuille l'épouser. Alors quoi? L'histoire ne va pas s'arrêter là!
Durant le voyage, le gnome s'est fait remarquer par sa gentillesse auprès de la princesse. Celle-ci saura-t-elle interpréter ses jolies attentions, sa façon de la rassurer discrètement quand elle doute?
***
Cette princesse pas comme les autres qui porte par accident le nom d'une salade est franchement énervante au début et puis le masque tombe. Tout ce qu'elle veut, c'est être aimée, of course.
Le texte est plein d'humour, and last but not least, ce roman est mis en images par Magali Le Huche, une de mes illustratrices favorites! J'aime toujours autant ses dessins : Scarole avec les chaussures de montagne, ça vaut le détour!
Princesse, dragon et autres salades de Marie Vaudescal et Magali Le Huche. Gallimard Jeunesse (Folio Cadet). 5.80 euros.
Pour les plus jeunes à partir de 8 ans et pour les plus grands sans restriction! Clarabel a également aimé!
Pour accompagner la lecture, je ne saurais trop vous conseiller l'écoute de l'album CD Princesses.
Vous voyez sans doute l'album du même nom chez Gautier-Languereau. Et bien, les textes ont été adaptés en chansons par Catherine Vaniscotte. Et elle ne s'est pas contentée d'écrire les paroles, elle chante également.
C'est original et joliment mis en musique!
Princesses oubliées ou inconnues de Catherine Vaniscotte. Co-édition Naïve/Gautier-Languereau.
01 avril 2008
On est comme on est et c'est très bien comme ça!!!
Le prince bégayant de François Place. Gallimard Jeunesse.
Un prince est né en Afrique. Il est très doué pour beaucoup de choses mais dès qu'il ouvre la bouche, il bégaie!
"un chasseur sans arme vaut mieux qu'un fils de roi sans mots."
Alors le prince s'en va, fatigué d'être moqué, dévisagé. Il découvre le pays des animaux, un pays où on ne parle pas et où le jeune prince se sent bien "le pays étrange des êtres qui vont sans mots", où il connaîtra l'amour et l'art de s'exprimer sans mots.
Voici un très bel album et conte initiatique, sur le thème de la différence mais pas seulement, sur l'amour, les bienfaits de la nature... ; avec un texte dense, rythmé et rimé, avec de très belles illustrations, celles que je préfère chez François Place : minutieuses, fourmillantes de détails.
12 décembre 2007
Seize ans ou presque, torture absolue de Sue Limb. Gallimard Jeunesse.
J'ai adoré le premier tome, et je me suis empressée de lire le 2ème...
Visiter la tombe de Thomas Hardy ou un château hanté avec sa mère et sa grand-mère, voilà qui n'est guère enthousiasmant pour Jess, surtout qu'elle voulait passer l'été avec son petit ami, à l'embrasser langoureusement, au parc d'à côté.
Heureusement, des activités comme celles-ci vont venir agrémenter le quotidien :
"Un peu plus tard, sa mamy et elle inventèrent un jeu. L’une devait nommer un objet de la maison, et l’autre trouver un moyen de commettre un meurtre avec. Elles passèrent agréablement le reste de la journée. L’arme du crime favorite de Jess était la râpe à fromage, mais sa mamy préférait la cuillère en bois. C’était bien plus long pour parvenir à ses fins, mais d’autant plus satisfaisant, prétendit-elle."
ou bien...
"(…) puis elle remonta la grande rue et trouva une boutique de bougies qui proposait plus de cinq cents variétés parfumées. Jess en huma deux cent soixante-sept, son nez commençant à fatiguer, elle ressortit."
Avec ceci, Jess va passer des heures à imaginer les pires situations, c'est sûr, son amoureux va la tromper en son absence... et entre 2 crises de jalousie, elle va devoir remonter le moral de sa grand-mère (qui ne veut pas se séparer des cendres de son défunt mari) et celui de sa mère également (qui des années après la séparation d'avec le père de Jess, semble encore bien fragile).
Le père de Jess... pour la fin des vacances, une visite chez lui est prévue! Enfin! Depuis le temps que Jess veut voir sa nouvelle maison!! Un après-midi où elle est seule, elle décide de lui faire une surprise et le rejoint... et THE nouvelle du siècle l'attend... mais une autre surprise de taille fera passer la première en (presque) toute légèreté!
****
Des réparties toujours drôles, les conversations par SMS de Jess avec son père sont vraiment sympa :
"(…) elle reçut un SMS de son père : TA MERE DIT QUE VOUS SEREZ ICI MARDI. JE SUIS TRES IMPATIENT. QU’EST-CE QUE TU AIMES MANGER EN CE MOMENT ? MOI JE SUIS RAIDE DINGUE DE CACAHUETES. JE VAIS MEME EN PIQUER DANS LES BARS.
Jess sourit et dressa une liste : NACHOS FROMAGE, COCA, CHEESEBURGER AVEC DOUBLE PORTION DE FRITES, PIZZA AU SALAMI, ET POMMES DE TERRE EN ROBE DE CHAMBRE SAUCE CHILI AU PETIT DEJ."
Toujours frais et enlevé, ce roman de Sue Limb détend et en même temps aborde pas mal de sujets de société actuels, de façon pince-sans-rire, avec efficacité. J'ai toujours un peu peur avec les suites, mais ce 2ème tome est vraiment réussi. Jess est une héroïne de roman que j'aimerais beaucoup rencontrer!
Clarabel a également aimé!
09 décembre 2007
Une bonne surprise dans le secteur romans-ados-pour-filles!
J'ai toujours détesté les maths mais ça j'en suis sûre : un coin du feu + un bon livre = du bonheur!
Pour ce soir, j'avais choisi Quinze ans, charmante mais cinglée de Sue Limb chez Gallimard Jeunesse.
Ce roman date de 2005. J'avoue, j'avais été peu enthousiasmée par la couverture... particulière...
Mais comme j'ai beaucoup apprécié écouter l'auteur le week-end dernier à Montreuil, que Mélanie et Clarabel m'ont encouragée à la découvrir... j'ai sauté le pas! Et j'ai été séduite!
Jess a 15 ans, une apparence physique qui ne lui plaît guère, une meilleure amie (Flora) parfaite... [1 extrait pour vous mettre dans l'ambiance]
"La modestie de Flora était parfois
agaçante. Elle passait son temps à raconter qu'elle détestait ses yeux,
sa bouche, sa peau, ses cheveux. Alors que le jour où Dieuavait créé
Flora, il pétait le feu.
Ce jour-là, il avait aussi créé les flamants roses, les dauphins, les
arcs-en-ciel et le crumble aux pommes et à la crème anglaise. Quand ça
avait été le tour de Jess, il était fatigué et il avait mal à la tête.
Il s'était arrêté juste après les crapauds, les babouins, et peut-être
aussi le méthane, puis il était allé prendre une aspirine et faire la
sieste."
...un copain (Fred) auprès de qui elle se sent bien, mais c'est Ben qui fait chavirer son coeur... Une mère bibliothécaire tendance hippie, et une grand-mère folle de faits divers désastreux qui vient habiter chez elles... et j'oubliais : un père qui lui envoie (seulement) des SMS.
Pas le temps de s'ennuyer surtout que Jess a un talent particulier pour se mettre dans des situations
impossibles!
La trame de l'histoire est somme toute classique, mais je me suis vite attachée à elle (l'épisode où elle se sauve d'une soirée alors que les sachets de minestrone qui
rembourraient son soutien-gorge ont explosé a beaucoup joué!).
Ce qui m'a plu, c'est que le personnage de Jess est intéressant, elle a des choses à dire! Je trouvais que la tendance romans de filles s'essouflait (les Meg Cabot qu'on reçoit au kilomètre, ça va bien!!) mais Sue Limb m'a surprise!!
Jamais mièvre, voici à quoi ressemble une déclaration d'amour : "Je préfèrerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde." Par contre, qui le dit à qui, je ne dévoilerai rien ;)
De la fraîcheur, de la légèreté, une écriture franche et des sujets plus graves en arrière-plan (à la fin du roman, Jess demande à son père pourquoi ils se sont séparés avec sa mère), voilà un bon premier tome et le 2 me tente assez!










