Chez Gaëlle -ou Gawou- la libraire!

Lectures d'une libraire jeunesse!

12 janvier 2009

"si tu t'inquiètes pour lui, fonce. Même si tu as peur d'être ridicule. Même si ça te paraît débile. Il ne t'en voudra jamais.

Et s'il t'en veut, c'est que ce n'était pas ton ami."

9782742779697FSAlex vit dans une cité, seul avec sa mère. Il n'a pas connu son père. Il est en seconde, il ne sait pas vraiment ce qu'il va faire l'année d'après. Mais ça va.
Christian a une voix toute tracée : celle de son père, bac S, "executive director", etc.
Alex et Christian sont copains et forment un duo de choc au basket, mais ils ne se connaissent pas vraiment. Ils n'ont aucune idée du quotidien de l'autre, des 40 m² de l'appartement que partagent Alex et sa mère ou de la dépression de la mère de Christian.

Tout cela sera bouleversé par la disparition de Christian. Elle ne dure pas longtemps, Alex retrouve vite son copain, après quelques interrogations que sa mère balaie d'un revers de main (ce qui ne manque pas de l'étonner, il n'est pas habitué à voir sa mère monter au créneau. Mais ce n'est pas l'important.)

"Comment tu crois qu'on vient en aide aux gens qui en ont vraiment besoin? En leur demandant la permission? On rentre toujours par effraction dans la vie des autres, ils se rebellent, ils refusent, et puis finalement ils font avec et ils sont contents."

Alex retrouve Christian chez lui, avec sa mère qui a littéralement pété les plombs suite au départ de son mari.
A partir de là, tout change, voilà 2 mères qui vont faire face (la mère d'Alex -qui ne cesse de surprendre son fils!) prend les choses en main ; et 2 ados qui vont passer du statut de "copains" à "amis".

****
Voilà un roman qui a un bon goût d'Ensemble c'est tout (Anna Gavalda, Le Dilettante). C'est une réunion de cabossés qui s'entraident et qui vont mieux. Tout n'est pas simple, il ne suffit pas de vouloir quelque-chose pour que ça marche, mais se battre pour vouloir un autre lendemain, c'est déjà beau, non?
Après, ça roule -presque- tout seul...

((Un autre roman auquel m'a fait penser Au rebond : le temps des miracles, d'Anne-Laure Bondoux! et oui, ils (les miracles) sont toujours possibles. Et si vous voulez mon avis, ces 2 romans font la paire pour ce mois de janvier!))

Au rebond, Jean-Philippe Blondel. Actes Sud Junior (Romans Ado). 9 euros.

25 août 2008

"Les garçons me déçoivent tellement! Je veux un coeur entier, sans poils, sans feuilles, sans pépins. Un coeur qui bat pour...

...moi toute seule. Un amoureux."

DSCN50910001

Milana a 14 ans, vit à Paris, est débrouillarde, autonome, en un mot, indépendante. Mais elle voudrait bien être encore un peu petite, que comme celle de Fanny, sa mère lui prépare des tartines.. elle veut retomber en enfance!
Alors elle entame une grève, pour qu'on la remarque, qu'on la chouchoute, mais tout ce que ses parents savent dire, c'est qu'elle fait une crise d'adolescence. Mais non, Milana fait une "crise d'enfance"!!
Elle va alors profiter de leur week-end dans le sud de la France pour faire quelque-chose qu'elle n'a jamais tenté : partir seule, faire une fugue au Luxembourg (pas les jardins, le pays!). Ce voyage sera court et en même très long, délicieux et effrayant, bref, plus rien ne sera pareil après ça.

****

Milana voudrait être à nouveau enfant, mais c'est bien une plongée directe dans le monde des adultes qu'elle va faire, avec fracas, un peu d'énervement, et beaucoup d'amour! (les amoureux pleuvent dans ce roman :) Milana décrète même qu'il faudrait la "SPA : société protectrice des amoureux", car elle ne sait plus quoi en faire!)

Rien que pour les titres de chapitres, ce roman vaut le détour.. Rajoutez à ça un ton alerte, des bons mots disséminés un peu partout, beaucoup d'humour, quelques déclarations d'amour franchement adorables...

[Lisez plutôt :

"J'avoue à Georges que j'ai cru un instant que mon wagon était peuplé d'autres moi. Il rétorque :

- Mon wagon est rempli de toi. Tu es partout et c'est tant mieux. Tu prends vite de la place, tu sais... de la jolie place.

De la jolie place! Ça n'a aucun sens! Pourtant j'aime ces mots. Des mots berceuse, des mots qui m'apaisent."]

... et vous obtenez un roman roman extrêmement prenant et réussi!

A lire, assurément! Amour54 Amour54 Amour54

Puisque nous sommes toi, Audren. Ecole des loisirs. (Médium).

DSCN50810001

un extrait à découvrir, 2 de mes pages préférées.. cliquez sur l'image pour le voir en grand.

-et je ne complète pas la fin de la phrase exprès, vous n'avez plus qu'à aller en librairie chercher ce roman fantastique!-



21 juin 2008

Le journal de Carmilla

Halte à l'uniformisation! Non, les ados ne sont pas tous pareils, la preuve en BD avec le Journal de Carmilla.

518J6BZ7EHLDans le tome 1, on fait connaissance avec Carmilla, 13 ans, sa bande de copines, sa famille, et Jonathan -qui deviendra SON Jonathan au cours de ce premier tome.

La BD est une suite de courtes histoires de 2-3 pages maximum, qui débutent toujours avec une page du journal intime de Carmilla. Celle-ci nous raconte ses états d'âme, qui vont de son incompréhension du foot (Jonathan en est dingue), de l'intelligence extrême de sa petite soeur (qui lit Kant pour le plaisir), à l'amour que ses parents se manifestent... d'ailleurs, il y a un peu trop d'amour entre eux à son goût et il y a un petit frère qui va faire son entrée dans la maison!

51NpKvaLZ_LDans le tome 2, Carmilla s'intéresse à la baisse de niveau intellectuel flagrante des humains, en particulier des hommes. Elle a maintenant un petit frère et si elle redoutait fort sa venue dans le tome 1, il est hors de question qu'il devienne comme les autres : borné et bête. Avec Jonathan, ses copines du Tagada's Club et Mina, sa petite soeur, elle va s'atteler à cette tâche : l'éveiller afin qu'il renverse la tendance!

***

La construction du récit est originale, le ton de Lorris Murail ne l'est pas moins et les illustrations colorées et dynamiques de Laurel accompagnent parfaitement les aventures qui ne manquent pas de piquant de cette jolie Carmilla.

Le père au passé punk-rock, les BD de l'Association (-l'éditeur- Mina ne lit pas que Kant!!), un parti pris évident pour l'égalité hommes-femmes et une défense de la culture dans le tome 2, cette série est intelligente, et ce n'est pas parce qu'on mange des chamallows qu'on a le cerveau ramollo!

Une édition spéciale des 2 premiers tomes sort ce mois-ci -et spécialement pour l'été- à petit prix (4.50 euros le tome au lieu de 9.40!).

Le tome 3 est prévu pour septembre ou octobre 2008 et aura pour thème l'écologie.

Quelques liens : voir des planches de la BD ; d'autres avis, c'est ici, ou ; une interview de Lorris Murail sur la série ; le blog de Laurel...

...et puis ça fait un peu penser aux aventures de Lou de Julien Neel.

21 avril 2008

Amitiés adolescentes

9782226183293_XComme des soeurs. Elizabeth Craft et Sarah Fain. Albin Michel. (Wiz). 14 euros.

4ème de couverture :

Harper veut écrire le prochain grand roman du siècle. Sophie veut devenir actrice à Los Angeles. Kate veut partir seule en Europe et se trouver, enfin. Becca veut être championne de ski. Mais, entre les filles et leurs rêves, il y a la réalité : les crises d’angoisse, les fous rires, les lettres échangées, les coups de téléphone et les coups de foudre aussi…

4 amies finissent le lycée. Toutes vont aller à l'université, du moins c'est comme ça que se présente leur avenir... Mais Harper, avec sa révélation de ne pas vouloir aller à l'université (la vraie raison c'est qu'elle a été refusée, mais elle ne l'avoue pas) remet en cause les décisions de chacune -sauf celle de Becca, elle est la seule qui va partir à la fac comme prévu. Chacune des jeunes filles va réfléchir à son avenir, et tenter de réaliser son rêve le plus cher.

Premières rencontres et amours, fêtes, bévues et gaffes diverses, premiers loyers à payer, où dormir le soir, chacune est confrontée à des problèmes propres à chaque rêve mais leur amitié indéfectible est là pour les aider en cas de découragement.

Feuilletonesque à souhait, le roman se découvre avec plaisir. L'histoire est légère mais enlevée. Certes, tout est assez facile pour ses ados dont le niveau social est élevé, mais sauter le pas comme elles le font vers un avenir non tracé et encore inconnu est courageux. On s'attache à ces héroïnes tour à tour délurées, futiles, ou perdues face à une question que tout le monde se pose un jour : quel chemin donner à ma vie?

Lire le premier chapitre.

D'autres histoires d'amitiés adolescentes que j'ai beaucoup aimé :

***la série des 4 filles et un jean, en 4 tomes, d'Ann Brashares. Gallimard Jeunesse.

***Peau de pêches, et le 2ème tome Secrets de pêches, de Jodi Lynn Anderson. Albin Michel. (Wiz).

09 mars 2008

Visions adolescentes

51Sj9OuCKyLJ'ai besoin de toi plus que je ne t'aime et je t'aime si fort de Gunnar Ardelius. Naïve. (Naïveland). 11 euros.

Présentation de l'éditeur :
"Morris et Betty ". Il pose ses mains devant ses yeux et se met à raconter : "Nous sommes maintenant dans un film et c'est de notre histoire dont il s'agit, de deux personnes qui se rencontrent dès la première scène. Dans un extrait présenté dans la bande-annonce, on dit qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Tous les autres personnages sont de couleur grise, nous sommes en rouge cerise. ".
Elle enlève ses mains de ses yeux.
"Il faut aussi qu'il se passe quelque chose de triste, sinon personne ne voudra voir le film. "

Rencontre/exclusivité/premiers émois/première expérience sexuelle. Tout est bien, Morris et Betty sont sur un petit nuage, seuls au monde.Mais comme est annoncé en 4ème de couv. : "Il faut aussi qu'il se passe quelque chose de triste"...
Premiers ennuis/essai pour rester ensemble/trop dur de tout abandonner.
Mais la séparation est inéluctable/se retrouver seul/comme une nouvelle naissance/devoir tout recomposer.

Tout à fait classique dans le déroulement -quiconque a déjà été amoureux se reconnaîtra- la narration est quant à elle tout à fait originale. 3 parties composées de quantités de chapitres d'une page, 2 au maximum, autant de plans-séquences qui se succèdent, vite, parfois trop à mon goût. Si ce roman est construit comme un film, on n'a pas les images, et le problème, c'est qu'ici, je n'étais pas toujours sûre de bien savoir qui parlait. Dommage... et avec (ou à cause de...) ça, je suis restée assez "extérieure" à l'histoire, je ne me suis pas attachée aux personnages.

J'attendais beaucoup de ce deuxième roman de la collection Naïveland (le premier est le fantastique roman d'anticipation de Gemma Malley :  La Déclaration), mais je suis déçue.
Sur le thème du premier amour, je préfère La saison des chamailles de Véronique M. Le Normand ou l'amour en chaussettes de Gudule, tous deux chez Thierry Magnier. Ou Love de Serge Perez, à l'école des loisirs.
Enfin ce thème est très porteur en littérature ados et les références sont nombreuses. Mais sans doute que ce J'ai besoin de toi plus que je ne t'aime et je t'aime si fort ne fera pas partie de mes références favorites.


18883115Ma deuxième vision adolescente du jour, c'est Juno, un film sorti en salles le 6 février dernier.

Juno a 16 ans et se retrouve enceinte. Elle est toute jeune, trop jeune, et décide très vite de mener la grossesse à terme et de faire adopter l'enfant. Elle montre une détermination peu commune pour une fille de son âge. On la suit durant une année, de la conception à la naissance du bébé. Une année durant laquelle Juno grandit plus vite que les autres.
Elle a une attitude souvent fantasque et un vocabulaire imagé, mais Juno sait se montrer responsable et  la tête sur les épaules. Un portrait touchant!

Sur le thème de la grossesse dans les romans ados :
Cher inconnu, de Berlie Doherty. Gallimard Jeunesse. (Scripto).

La vie comme elle vient d'Anne Laure Bondoux. Ecole des loisirs. (Médium). [Merci de m'avoir rappelé cette référence Lujena :)]

La fille du docteur Baudoin, de Marie-Aude Murail. Ecole des loisirs. (Médium).

Deux fois rien, de Marie-Sophie Vermot. Thierry Magnier.

07 janvier 2008

Un roman pour aujourd'hui : "la fille du papillon".

51jMydgL82LSolveig a 16 ans. Au début, elle m'a parue bien raisonnable, elle ne veut pas faire comme les autres mais elle commence quand même son journal intime.

Elle partage avec nous quelques jours d’éternité. Au début, tout paraît assez ordonné. Elle vit avec son père, sa mère est morte, et elle rencontre le Monde, son premier copain.

Et puis, tout s’accélère. Il y a les copines du père qui se succèdent, Solveig ne supporte plus –son père est un « papillon », il vole de l’une à l’autre, en même temps c’est bien pratique, aucune n’a le temps de le lui prendre, ou de prendre la place de sa mère- ; cette mère, justement, trop tôt disparue, Solveig ne s’en remet pas ; son premier amour avec le Monde –violence des premiers sentiments amoureux, besoin d’exclusivité- ; et son amitié avec la Ni, ou Manon, n’est-ce que de l’amitié ?… et LA copine du père, qui pour le coup, Solveig le sent, est plus sérieuse que les autres.

 

Trop de nouvelles choses, ça explose, dans la tête de Solveig, et dans son écriture.

« J’ai mal au cœur. J’ai envie de pleurer, mais je suis sèche en dedans. Ca craque, ça se lézarde. Je voudrais mourir. Non, je voudrais exploser. Que ça s’arrête un peu tout ce chahut, ce foutoir, cette merde. Je voudrais mettre sur pause. »

Des « jours d’éternité ». C’est comme ça que Solveig nomme les jours dans son journal. Ce sont en fait des jours où se joue un bout d’essentiel, des jours fondateurs, où se joue un bout de construction de soi. Et c’est dur…

La vodka, même Zubrowka, n’aide pas, sinon à aller plus vite vers le mur. La vodka, les cigarettes, les fugues, Solveig va en tenter des choses, car elle ne sait pas vers quoi se tourner. Elle ne se reconnaît pas, elle fait le difficile apprentissage du fameux « Je est un autre » (Rimbaud). Son père, évidemment, ne la « comprend pas », et le Monde aussi abandonne.

Solveig se cherche désespérément, elle se retrouve face à des choix difficiles à faire…

« Je l’aime [Ni] comme j’aime le Monde.

Enfin non, pas pareil mais autant.

Je ne sais pas comment je l’aime elle. Ni comment je l’aime lui.

Je suis à ma place entre les deux.

Je refuse de choisir. »

…Qu’elle refuse de faire, mais auxquels elle va se résigner, sinon elle comprend qu’elle n’avancera pas. Grandir, c’est aussi accepter les conséquences de se actes « le passé s’écrit à l’encre indélébile ». arriver à cette conclusion à 16 ans n’est pas donné à tout le monde !

A la fin, tout n’est pas gagné, tout n’est pas fini, mais Solveig a grandi.

********

Solveig m’a émue, emportée, inquiétée, Solveig m’a plue !

J’ai pensé aux lettres de Van Gogh à son frère pour le mal-être, relu un peu de Rimbaud, Nietzsche aussi, il parle tellement bien de la difficulté du chemin de chacun…

« Car ceci est ma doctrine : qui veut apprendre à voler un jour doit d'abord apprendre à se tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser : on n'apprend pas à voler du premier coup !

(…)

Je suis arrivé à ma vérité par bien des chemins et de bien des manières : je ne suis pas monté par une seule échelle à la hauteur d'où mon oeil regarde dans le lointain. Et c'est toujours à contrecœur que j'ai demandé mon chemin, - cela me fut toujours contraire ! J'ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes. »

(c'est dans Ainsi parlait Zarathoustra).

Voilà, tout est là, Solveig interroge les chemins… comme tant d’autres personnes avant elle, et comme tant d’autres vont encore le faire.

Un beau roman, rempli de justesse. A conseiller, assurément !

La fille du papillon, d'Anne Mulpas. Sarbacane (Exprim'). 9 euros.

12 décembre 2007

Seize ans ou presque, torture absolue de Sue Limb. Gallimard Jeunesse.

51V0W70MA6L__AA240_J'ai adoré le premier tome, et je me suis empressée de lire le 2ème...

Visiter la tombe de Thomas Hardy ou un château hanté avec sa mère et sa grand-mère, voilà qui n'est guère enthousiasmant pour Jess, surtout qu'elle voulait passer l'été avec son petit ami, à l'embrasser langoureusement, au parc d'à côté.

Heureusement, des activités comme celles-ci vont venir agrémenter le quotidien :

"Un peu plus tard, sa mamy et elle inventèrent un jeu. L’une devait nommer un objet de la maison, et l’autre trouver un moyen de commettre un meurtre avec. Elles passèrent agréablement le reste de la journée. L’arme du crime favorite de Jess était la râpe à fromage, mais sa mamy préférait la cuillère en bois. C’était bien plus long pour parvenir à ses fins, mais d’autant plus satisfaisant, prétendit-elle."

ou bien...

"(…) puis elle remonta la grande rue et trouva une boutique de bougies qui proposait plus de cinq cents variétés parfumées. Jess en huma deux cent soixante-sept, son nez commençant à fatiguer, elle ressortit."

Avec ceci, Jess va passer des heures à imaginer les pires situations, c'est sûr, son amoureux va la tromper en son absence... et entre 2 crises de jalousie, elle va devoir remonter le moral de sa grand-mère (qui ne veut pas se séparer des cendres de son défunt mari) et celui de sa mère également (qui des années après la séparation d'avec le père de Jess, semble encore bien fragile).

Le père de Jess... pour la fin des vacances, une visite chez lui est prévue! Enfin! Depuis le temps que Jess veut voir sa nouvelle maison!! Un après-midi où elle est seule, elle décide de lui faire une surprise et le rejoint... et THE nouvelle du siècle l'attend... mais une autre surprise de taille fera passer la première en (presque) toute légèreté!

****

Des réparties toujours drôles, les conversations par SMS de Jess avec son père sont vraiment sympa :

"(…) elle reçut un SMS de son père : TA MERE DIT QUE VOUS SEREZ ICI MARDI. JE SUIS TRES IMPATIENT. QU’EST-CE QUE TU AIMES MANGER EN CE MOMENT ? MOI JE SUIS RAIDE DINGUE DE CACAHUETES. JE VAIS MEME EN PIQUER DANS LES BARS.

Jess sourit et dressa une liste : NACHOS FROMAGE, COCA, CHEESEBURGER AVEC DOUBLE PORTION DE FRITES, PIZZA AU SALAMI, ET POMMES DE TERRE EN ROBE DE CHAMBRE SAUCE CHILI AU PETIT DEJ."

Toujours frais et enlevé, ce roman de Sue Limb détend et en même temps aborde pas mal de sujets de société actuels, de façon pince-sans-rire, avec efficacité. J'ai toujours un peu peur avec les suites, mais ce 2ème tome est vraiment réussi. Jess est une héroïne de roman que j'aimerais beaucoup rencontrer!

Clarabel a également aimé!

09 décembre 2007

Une bonne surprise dans le secteur romans-ados-pour-filles!

41BPVDD1TRLJ'ai toujours détesté les maths mais ça j'en suis sûre : un coin du feu + un bon livre = du bonheur!
Pour ce soir, j'avais choisi Quinze ans, charmante mais cinglée de Sue Limb chez Gallimard Jeunesse.
Ce roman date de 2005. J'avoue, j'avais été peu enthousiasmée par la couverture... particulière...
Mais comme j'ai beaucoup apprécié écouter l'auteur le week-end dernier à Montreuil, que Mélanie et Clarabel m'ont encouragée à la découvrir... j'ai sauté le pas! Et j'ai été séduite!

Jess a 15 ans, une apparence physique qui ne lui plaît guère, une meilleure amie (Flora) parfaite... [1 extrait pour vous mettre dans l'ambiance]

"La modestie de Flora était parfois agaçante. Elle passait son temps à raconter qu'elle détestait ses yeux, sa bouche, sa peau, ses cheveux. Alors que le jour où Dieuavait créé Flora, il pétait le feu.
Ce jour-là, il avait aussi créé les flamants roses, les dauphins, les arcs-en-ciel et le crumble aux pommes et à la crème anglaise. Quand ça avait été le tour de Jess, il était fatigué et il avait mal à la tête. Il s'était arrêté juste après les crapauds, les babouins, et peut-être aussi le méthane, puis il était allé prendre une aspirine et faire la sieste."

...un copain (Fred) auprès de qui elle se sent bien, mais c'est Ben qui fait chavirer son coeur... Une mère bibliothécaire tendance hippie, et une grand-mère folle de faits divers désastreux qui vient habiter chez elles... et j'oubliais : un père qui lui envoie (seulement) des SMS.

Pas le temps de s'ennuyer surtout que Jess a un talent particulier pour se mettre dans des situations impossibles!  
La trame de l'histoire est somme toute classique, mais je me suis vite attachée à elle (l'épisode où elle se sauve d'une soirée alors que les sachets de minestrone qui rembourraient son soutien-gorge ont explosé a beaucoup joué!).
Ce qui m'a plu, c'est que le personnage de Jess est intéressant, elle a des choses à dire! Je trouvais que la tendance romans de filles s'essouflait (les Meg Cabot qu'on reçoit au kilomètre, ça va bien!!) mais Sue Limb m'a surprise!!

Jamais mièvre, voici à quoi ressemble une déclaration d'amour : "Je préfèrerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde." Par contre, qui le dit à qui, je ne dévoilerai rien ;)

De la fraîcheur, de la légèreté, une écriture franche et des sujets plus graves en arrière-plan (à la fin du roman, Jess demande à son père pourquoi ils se sont séparés avec sa mère), voilà un bon premier tome et le 2 me tente assez!

« Accueil  1