Chez Gaëlle -ou Gawou- la libraire!

Lectures d'une libraire jeunesse!

09 janvier 2009

"il ne faut jamais désesperer du genre humain. Pour un homme qui te laisse tomber, ...

...tu en trouveras des dizaines d'autres qui t'aideront à te relever d'accord?
-D'accord."


51_KkgfaKsLAnnées 1990, le Caucase.
Un enfant, une femme. Russes, français? Peu importe, ils sont sur les chemins.
Seuls? Non.
Il y a le froid, la neige, la faim. Mais aussi un samovar et son thé bouillant, un violon sans cordes, les histoires de Gloria , la femme, aux 1000 détails.
Le désespoir guette? Des tsiganes les recueillent.
L'ennui pointe son nez? C'est l'amitié qui rapplique.
Il y a surtout cette rage d'avancer, envers et contre tout, vers la France, vers un lendemain meilleur.
Il faut continuer, ne pas s'arrêter, aller "vers d'autres horizons" et espérer, toujours. Car c'est le seul remède contre le désespoir.

***

Voilà un roman qui a un bon goût d'universel. Vous aussi, rentrez dans la danse, suivez les pas de Koumaïl et Gloria, et vous verrez -si vous n'en êtes pas déjà convaincu, auquel cas, ne vous inquiétez pas, vous ne vous ennuierez pas!!!- tout est possible. Oui, les miracles existent.

Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux. Bayard. 11.90 euros.
En savoir plus, c'est par . Des extraits ici, et .
Un autre avis ici.

01 septembre 2008

"Karl Ibou n'aime pas la ville, avec son tintamarre, sa confusion. Les gens parlent trop, ils font souvent du bruit."

La vie en quête de sens.

Le sentiment inconfortable de l'incomplétude, du morcellement et du manque s'oppose à celui plus rassurant  de la plénitude qu'octroient la présence d'un autre et l'accord avec soi-même.


Joëlle Turin dans Ces livres qui font grandir les enfants. Didier Jeunesse.

***

Sans_titre_1

Karl Ibou est un personnage bougon, solitaire, casanier, qui n'aime pas les gens, et ceux-ci le lui rendent bien.

"Karl Ibou s'installe devant sa fenêtre.

Il regarde dehors, d'un air perdu.

"Comment font les gens pour être heureux?"

Décidément, il aimerait beaucoup avoir une cheminée chez lui,

mais surtout quelqu'un avec qui se retrouver autour du feu.

Il lui offrirait des histoires ou lui offrirait des cadeaux faits à la main."

Heureusement, Nul, son canari, va lui soumettre une idée intéressante : sortir, pour trouver un ami. Ca ne sera pas simple pour Karl, il va entendre des réflexions qui vont le remettre en question "Votre barbe est affreuse", ou "vous êtes moche". C'est un enfant qui va le rassurer et lui permettre de voir son avenir plus clairement...

Voici donc le dernier album de Beatrice Alemagna! Comment prendre confiance en soi, aller vers les autres, être heureux de vivre, se sentir "complet"... L'objet livre est réussi, avec une belle couverture d'aspect toilé, toujours un très beau papier, et les illustrations sont comme toujours des merveilles. Je voudrais faire de chacune un tableau...

Bref, encore un coup de coeur!

Karl Ibou, de Beatrice Alemagna. Autrement. 18 euros.


D'autres histoires pour se sentir moins incomplets :
Mitsu, Toute seule, La librairie,
Bertille Bonnepoire,
Marguerite,
Raymond rêve,
Monsieur Rat,
Le sens de l'amour,
Le parapluie de Madame Hô, Lune et l'autre

...

et d'autres encore, dont je n'ai pas parlé sur ce blog : Le petit bout manquant de Shel Silverstein ; Je vous aime tant d'Alain Serres et Olivier Tallec ; Le petit être de Jeanne Benameur ; Toi de Martine Bourre...

24 août 2008

Passerelles

passerellesPasserelles est de ces albums universels où chacun pourra voir et trouver ce qu'il souhaite derrière les mots.

"D'une rive...

...à l'autre

laisser glisser ses pas

traverser à tire d'ailes ou dans un long et lent sillon nacré

quitter la terre et gagner l'air ... s'élever

(...)"

Pour moi, il a évoqué l'attente, l'hésitation... retarder un moment craint ou espéré, reprendre le chemin, réaliser.. et plein d'autres choses encore. Mais l'interprétation est bien sûr propre au vécu et aux expériences de chacun.

Alors que vous soyez grand, petit, jeune ou plus âgé, n'hésitez pas, découvrez cet album aux magnifiques illustrations dont vous pourrez voir quelques extraits sur le site de l'éditeur Jarjille, jeune maison d'édition stéphanoise indépendante, à connaître!

Passerelles de Gaëlle Boissonnard et Alain Brechbuhl. Jarjille. 15 euros.



21 août 2008

La petite tricoteuse d'histoires

513QDLhInuLMiée tricote. Des vêtements -dont "on dit qu'ils ont le pouvoir de changer la vie"- mais pas seulement.
Et pas avec de la laine.
Miée tricote avec des mots, qui poussent dans son jardin.
Des mots comme "je", "tu", "nous", ou "baiser". De jolis mots, des mots précieux.

Cet hiver-là, Miée tricote sans vraiment savoir pourquoi une couverture, une immense couverture qui va recouvrir tout son village. Et va le sauver.

De la cruauté, de la barbarie... de la guerre. Cette dernière s'est en effet installée partout, sauf sous la couverture de mots.
"La guerre a tué, cassé, détruit. Mais au village, protégées par les mots de Miée, les familles sont saines et sauves."

***

Les mots, les histoires (et par extension : communication/connaissance/savoir) protègent de l'absurdité des combats, éloignent ou chassent leur bêtise...
Voilà un album à lire à tout âge qui a rejoint ma pile de petits Prince!

La petite tricoteuse d'histoires, Agnès de Lestrade et Marie Caudry. Nathan. 13 euros.

11 août 2008

est-ce qu'ensemble c'est tout?

Réponse en trois temps...

Mitsu/de Mélanie Rutten. MeMo.

Ce matin-là, Mitsu ne va pas fort, et ce ne sont pas les macarons offerts par Elliott qui suffiront à lui redonner le sourire. Tout énerve Mitsu... elle part. "A l'aventure." Et plus elle s'éloigne de sa maison, plus elle pense que "l'aventure, toute seule, ça peut vite devenir ennuyeux."

DSCN48420001

Arrive Hervé! Il tombe bien, Mitsu avait justement un peu peur dans la forêt. Ils font connaissance, "discutent de tout et de rien", partagent un gâteau. Mitsu se transforme, retrouve le sourire, expérimente des choses qu'elle n'avait jamais tentées. Avec Hervé, tout se fait naturellement.
Ils partagent des instants magiques, précieux, que seuls de véritables amis (ou peut-être des amoureux?) peuvent partager.

Après ça, Mitsu rentre chez elle. Elle va préparer une jolie soirée, réunir tous ceux qu'elle aime, et puis il y aura Hervé bien entendu.

DSCN48410001

"Le soir, tout le monde se retrouve autour de la soupe de potiron de Mitsu. Tout le monde est là. (...)

C'est un jour parfait."

***

Des fois, les autres énervent, mais c'est aussi et surtout par les autres que le monde peut être tout à fait merveilleux.
Ce livre est encore une très belle réussite des éditions MeMo, et à ma connaissance le premier album de Mélanie Rutten...tant de justesse dès le premier, ça promet pour la suite!
Les illustrations rappellent beaucoup l'univers de Kitty Crowther (d'ailleurs, l'album lui est dédié... quel est le lien entre les 2 dames, je pose la question!).


Toute seule, de Grégoire Solotareff. Ecole des loisirs.

Fleur se demande si on est toujours seul dans la vie. Elle a besoin de savoir, de connaître l'avis des autres, parce que si c'est vrai, elle trouve ça drôlement effrayant.
Elle entame un grand voyage dans la forêt immense toute proche et posera la même question à tous les animaux qu'elle rencontrera. Elle ne recueille que des réponses qui ne l'avancent guère dans sa réflexion. Beaucoup se plaignent de ne jamais être assez seuls.
C'est auprès d'Ours, qui l'accompagne, qu'elle trouvera la réponse, celle qui lui plaît...

DSCN48370001

Comme Mitsu, Fleur doit faire sa route pour découvrir elle-même la réponse à sa question existentielle.

***

Etre seul ou non /se mettre en danger /ne pas pouvoir tout assumer /lâcher du lest... Il n'est pas toujours facile d'accepter de l'aide et nous ne sommes pas toujours disposés à accepter de la compagnie... et ça peut être tellement bon!
Voilà un album d'un "grand nom" de la littérature jeunesse que j'ai redécouvert récemment, qui m'a laissée admirative...


La librairie, de Marie-Josée Bastien. L'instant même.

DSCN48460001

Jeanne est donc libraire...
"On aperçoit une petite maison vieillotte, repliée sur elle-même, puis, par magie, le décor s'ouvre comme un livre. On se retrouve dans une vieille librairie en bois, où chaque espace, chaque recoin déborde de livres : des vieux, des neufs, des grands, des petits, reliés en cuir, en carton, etc. Un lieu intemporel qui sent l'éternité."

Mais elle est "paralysée par la timidité", et n'ose avouer son amour à Samuel...
"Moi, je ne ressemble à rien. Regardez-moi!

Dans un film, je serais la figurante qu'on place derrière une fougère et, au mieux, celle qui partage la chambre de l'actrice principale. Celle qu'on ne remarque pas, celle qui ne prend pas trop de place, qu'on utilise quand vient le temps."

Il faudra toute la force de persuasion de Victor, cet "étrange personnage", qui faute de courage , n'a pas retenu l'amour de sa vie des années auparavant, pour que Jeanne ose se mettre en danger elle-même, et avouer ses sentiments.

"Victor - Vous n'avez pas l'impression de passer à côté de votre vie?

Jeanne - Pas du tout. Je suis très bien, entourée de mes livres.

Victor - Bien. Ils ne vous bousculent pas. Ils ne dérangent pas l'ordre établi. Chaque volume occupe sa place.

Jeanne - Oui. Ne soyez donc pas si méprisant, je suis très heureuse comme ça.

Victor - Moi aussi j'ai dit ça très longtemps. Mais il faut saisir la vie, la vraie ; avec ses bonheurs et ses embûches, ses douleurs, ses peurs, mais surtout ses joies si profondes.

Jeanne - Facile à dire!"

***

La librairie est une pièce de théâtre complètement étonnante, avec de l'amour partout, des instants d'éternité disséminés au fil des répliques... une petite cinquantaine de pages et des sourires qui s'échappent à chaque fin de phrase.

C'est un texte apparemment pour "les enfants" (la 4ème de couv. le dit en tout cas!) mais je ne suis absolument pas d'accord, c'est un texte pour tout le monde (ainsi que Mitsu et Toute seule d'ailleurs!), amoureux des mots, de l'amour, du chocolat, des fantômes aussi... bref, à ceux qui aiment le merveilleux!

--Et c'est grâce à toi, Karine, que j'ai découvert ce texte, merci 100 fois!!--


Donc à ma question du jour...

DSCN48380001

Mitsu, de Mélanie Rutten. MeMo.

Toute seule, de Grégoire Solotareff. Ecole des loisirs.

La librairie, de Marie-Josée Bastien. L'instant même.

on peut dire :

DSCN48480001

Si je ne vous ai pas convaincus (!!), relisez Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda, allez voir Wall-E, ou achetez-vous les DVD My blueberry nights ou Into the wild... je pourrais vous proposer encore quantités de références mais je m'arrête là aujourd'hui!

Bref, voilà 3 livres qui ont déjà rejoint l'étagère n°2 et le titre de "Petits Prince" (tiens d'ailleurs, j'ai vu qu'on se resservait de mon expression par ici :)) allez-y faire un tour, la sélection est très très chouette!!




18 avril 2008

à 8h32, il se passe quoi chez vous?

"Le temps peut-il durer une éternité?"

"L'éternité,
c'est ce qui dure ou semble durer
sans jamais devoir s'arrêter,
ou encore c'est ce qui ne change pas
ou ne changera jamais. C'est ce qui paraît
hors du temps et de son pouvoir."

Le livre des grands contraires philosophiques, Oscar Brénifier. Nathan.

***

8h328h32 de Stéphane Servant (texte) et Alice Sidoli (photos). Editions Où sont les enfants? (Chahu-Bohu). 12.80 euros.

Entre 8h30 et 8h31, un enfant s'ennuie. La minute paraît durer 1000 ans, des choses se passent bien sûr. Mais sans entrain, sans panache.

Entre 8h31 et 8h32, l'enfant ne veut plus être un enfant. Rien ne va plus. L'enfant voudrait déjà être un adulte. Mais imperceptiblement, on sent que le rythme s'accélère.

8h32... tout arrive, c'est le déclic, l'instant X, la petite seconde magique, c'est le dring de la porte... c'est LE moment où tout bascule, qui fait se sentir léger et qui fait dévaler l'escalier : l'enfant rejoint Camille.

8h32_p_10et11

© Où sont les enfants? et Alice Sidoli.  Je suis définitivement sous le charme du petit héros!

Stéphane Servant parle d'une notion : le temps, on ne peut plus volatile, mais qui peut être très lourd à porter, qui peut mettre des jours et des jours à passer, ou bien filer comme l'éclair, qui peut être intéressant, ou désespérément ennuyeux...
Capter la difficile dilatation du temps de cette manière, c'est très original... et talentueux. C'est pour chacun différent, et pourtant, Stéphane Servant donne de manière limpide une vraie leçon de philosophie sur le temps qui passe, les évènements qui peuplent une journée et leur impact sur les gens.

Et les photos d'Alice Sidoli, ah là là, ... Elle a su capter la vitesse, l'ennui (le chat qui baille sur le capot de la voiture, ça n'a pas du être facile à prendre!), le moment de jeu, la poésie (les fleurs qui "s'ouvrent"), la joie de trouver quelqu'un derrière la porte que l'on apprécie... Alice Sidoli met des images sur des moments banals (un employé municipal qui nettoie la rue, un jongleur qui lance ses balles) ou sur la magie de la vie (une naissance), avec talent, ces moments qui mis bout à bout, forment la vie.

La vie... dans cet album, il y a tout en condensé et en mélangé aussi!, de la naissance, à la mort. En 2 minutes tout peut changer, et une chose est certaine, quelque soit la perception du temps de chacun... tout a une fin.

C'est peut-être un album qui veut également dire : on n'a pas toute la vie devant soi, il faut en profiter...?

Quelques liens : le blog de Stéphane Servant, le blog d'Alice Sidoli, et... à noter, l'album fait partie de la liste de littérature jeunesse de l'éducation nationale 2007. Un autre album de génie aux éditions Où sont les enfants? : Litli Soliquiétude.

31 mars 2008

Attention chef d'oeuvre

Litli soliquiétude, texte de Catherine Leblanc, illustrations de Séverine Thevenet. Où sont les enfants?

cover_couverture_okAvant

Litli soliquiétude, c'est d'abord des images que j'ai découvertes sur le site d'Où sont les enfants?
J'ai tellement aimé que j'en avais imprimé et accroché autour de moi sur les murs. Et même si mes impressions papier étaient de mauvaise qualité, elles me faisaient rêver!

Puis Madeline en a parlé. Ma frustration quand j'appris que l'album n'était pas encore dispo alors qu'elle en faisait l'éloge... encore un peu de patience!

et enfin, la semaine dernière, les exemplaires de Litli soliquiétude pour la librairie sont arrivés. Et là : le choc! Litli c'est un très bel objet-livre.
et la quatrième de couverture est à elle seule remarquable : "Pour aller vers l'invisible, y-a-t-il un chemin?"

L'album a un joli titre : Litli soliquiétude. Je fais rouler les mots dans ma bouche, ça fait drôle. Litli veut dire "petit" en islandais ; et soliquiétude c'est un "mot inventé pour expliquer ce que Litli ressent à travers les pages du livre : un état de solitude voulue pour approcher du sentiment de quiétude, la tranquillité douce de celui qui marche et fait naître le monde en chemin."


Pendant

Au début, c'est la nuit.
Le petit bonhomme dort. La photo est en noir et blanc. On remarque un tableau au mur en couleurs.

page5litli

©Où sont les enfants?/Séverine Thévenet

Puis, le petit bonhomme se lève, et marche.
Il quitte la ville, les pavés, le gris.
Plus il avance, plus il va vers le vert, les couleurs, la nature.

page33litli
©Où sont les enfants?/Séverine Thévenet

A la fin, le petit bonhomme est à nouveau dans son lit, il fait jour, l'image est en couleurs, c'est le tableau maintenant qui est en noir et blanc.

Le petit bonhomme a changé, il a trouvé quelque-chose, quoi? chaque lecteur aura une réponse différente.


Après

Litli, c'est un album lourd -c'est peut-être fait exprès pour qu'on ne s'envole pas en lisant le texte délicat de Catherine Leblanc?, au beau papier qui sent bon. La couverture est bien épaisse, en carton brut -serait-ce un rappel du caractère sauvage de la nature?

Séverine Thevenet dit : "Litli raconte le passage, la transition, la naissance ou la renaissance."
Litli m'a rappelé le texte de Thierry Lenain dans Il faudra (Sarbacane).
Litli, c'est un texte pour un enfant à naître, pour un moment de blocage, pour sauter le pas/oser/ne plus avoir peur/ne plus douter/aller de l'avant.

Séverine Thevenet dit aussi : "Litli raconte cette rencontre avec la nature, avec soi, avec l'autre."
Si on connaît le dernier film de Sean Penn, Into the wild, ou le livre de Jon Krakauer dont il s'inspire, on ne peut qu'y penser.
Bienfaits de la nature, de la promenade, cheminer seul pour mieux se trouver, -se connaître?

Le texte de Litli est court,  chacun pourra y trouver sa place et apporter son interprétation. Litli est de ces albums que l'on peut lire 1000 fois, et les images comme le texte n'auront pas encore révélé tous leurs secrets. Litli est de ces albums que l'on a envie de toujours avoir avec soi, Litli est un album... universel.

Encore après

J'espère vous avoir donné envie de le découvrir, Litli soliquiétude est un album à faire connaître, à partager et à faire passer...

Des liens : Le site de Séverine Thevenet. Le blog de Catherine Leblanc. Le blog des éditions Où sont les enfants?.
L'avis de Simon Roguet et celui de Vanessa-Eliabar.

03 janvier 2008

Le premier album de l'année...

Bon ben voilà, je pensais que j'allais avoir quelques jours avant de recommencer à rentrer des nouveautés à la librairie (et ainsi j'aurais pu vous parler de TOUT ce que j'ai lu et adoré fin décembre, mais que nenni, ça recommence déjà!! Plein de cartons m'attendaient hier!
-Je laisse pour plus tard le sujet de la (sur-?)production littéraire en France bien qu'il soit passionnant-, car j'ai trouvé des trésors évidemment... -mais quand même, une constatation : Noël est à peine fini, les guirlandes à peine enlevées, les libraires un peu "off", mais la production littéraire, elle, ne l'est pas du tout...

enfin, donc aujourd'hui, j'abandonne tout désir de vous présenter mes trésors de fin d'année, parce que j'ai trouvé the top du trésor de l'album et je piaffe d'impatience d'en parler ;)

419z_2wOpULUne vie d'escargot. Le texte est d'Anne Cortey et les illustrations de Janik Coat. Autrement Jeunesse. 12,50 euros.

Voici la présentation publiée sur le site Internet d'Autrement :
"Tout au loin sur la toundra, un petit point avance, lentement. C’est Andreï, l’escargot. La toundra c’est grand, et un peu vide. Andreï est toujours tout seul… Quand l’hiver arrive et qu’il se met à neiger, Andreï fait ses provisions et entre dans sa maison se mettre à l’abri. À l’intérieur, il se sent bien : il se prépare une tisane, allume des bougies et s’allonge sur son sofa. Puis il se met à attendre… que l’hiver passe. Il s’endort et il rêve à des vallées ensoleillées, des rivières, des fruits… Mais quand il se réveille, rien n’a changé et le paysage est toujours recouvert de neige. Alors Andreï soupire et réfléchit. Sa maison douillette est devenue étouffante maintenant. Il doit partir… Il se souvient qu’au loin, là-bas, il y a un train, qui voyage vers d’autres pays. Alors il sort de sa maison, rassemble ses affaires, et part vers l’inconnu. Il ne pense plus à rien ; il est heureux de s’en aller."

Cet album est un vrai bijou!! Il est imprimé sur un très beau papier bien épais (bravo Autrement!). Le texte est tout simple, et en très peu, dit beaucoup ; et les illustrations sont d'une beauté certaine, la couverture est pour moi déjà tout un poème, ce beau bleu nuit avec la neige qui tombe... quant à la bouille d'Andreï, elle est à croquer!

Un petit extrait pour vous montrer comme c'est chouette :

"Une dernière fois, il regarde autour de lui.
Maintenant, il part.
En avant!
Il ne pense plus à rien.
Mais il sent une petite pointe dans le cœur.
Ça lui fait un peu mal.

C'est toujours étrange de quitter
ce qu'on connaît."

Cet album m'a beaucoup fait penser à Raymond rêve, pour le rêve justement, le monde onirique, le style des illustrations aussi. Et également à Pomelo de l'autre côté du jardin, pour l'histoire : s'évader, ne pas se contenter de l'acquis et se mettre en danger.
Tout un beau programme! et un vrai coup de cœur! Amour54Amour54Amour54Amour54Amour54Amour54Amour54

EDIT du 04 janvier : une tite mosaïque pour Zag (et pour les autres aussi!)

collage

21 avril 2007

Leçon de vie

L'arbre rouge, de Shaun Tan, à La Compagnie créative.

tanarbre

Il mérite un article et toute votre attention, il est magique!

Cet album date de 2003, ça remonte un peu, et je me rappelle bien l'avoir lu, peu après sa sortie, mais sans doute trop rapidement, parce que je ne me suis pas arrêtée plus que ça... mais comme je dis toujours (ahah je prends la place de la vieille sage là!!) : toute lecture a UN (ou plusieurs!) moment(s) particulier(s) et aujourd'hui, c'était le bon moment : le texte accompagné de ces magnifiques illustrations m'a rempli d'émotion.

Il y a des jours comme ça où rien ne va. La desespérance est illustrée de manière très originale et reflète parfaitement la solitude, et la détresse que l'on peut ressentir à certains moments dans une vie. Alors même que le monde continue à tourner autour de nous, de manière assez effrayante. Et puis arrive la fin du jour, et là... l'espoir est permis. Dans l'arbre rouge, cette chose prend la forme ... d'un arbre rouge, mais chacun peut très bien imaginer ce qui lui correspond...

Henri Michaux a dit : "Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage." Cette citation habille tout à fait cet album à mon avis.

A visiter : le site de l'éditeur la Compagnie Créative.

« Accueil  1